Statistiques économiques de la Chine mai 2011 : quand l’investissement va, tout va


En mai 2011, les principales statistiques économiques en Chine montrent que la forte inflation pèse sur la consommation mais que l’investissement se maintient.



Les principales statistiques économiques pour la Chine en mai 2011 sont compatibles avec une activité économique en modération mais sans décrochage. L’investissement reste au cœur de la croissance en Chine tandis que la consommation peine.

Les ventes au détail continuent de décélérer en volume (corrigé de l’inflation). Elles ne progressent plus que de 11,4 % sur un an, soit au plus bas depuis début 2008 (effet nouvel an, mis à part). Les ventes de voitures ont même reculé en mai 2011 pour la première fois depuis début 2009 (-4 % sur un an). Dans le même temps, la production industrielle reste en progression soutenue (+13,3 % sur un an) mais on note que les industries « légères », plus reliées aux biens de consommation connaissent un net coup de frein depuis février.

L’investissement en zones urbaines permet à la croissance de tenir, avec une hausse de 34 % sur un an en mai 2011. Les industries primaires et secondaires sont les plus dynamiques et les services investissent aussi massivement. Ces dépenses se font à crédit. Le flux mensuel de prêts en Chine reste conséquent (551,6 milliards de yuan) et l’agrégat monétaire M2 croît encore de 15,1 % sur un an, malgré les hausses de taux de la banque centrale.

L’inflation en Chine a atteint +5,5 % sur un an (+5,3 % en avril) au plus haut depuis mi-2008. Le problème dépasse désormais les seuls biens liés aux matières premières et touche l’inflation sous-jacente (+1,6 % en mai, après +1,4 % en avril). Ce renchérissement généralisé reste encore contenu mais il a déjà un impact sensible sur la consommation des ménages chinois. Ceci confirme les résultats de début 2011.

Impacts économiques

La hausse de l’inflation est en train d’entamer le dynamisme économique de la Chine. D’une part parce qu’elle provoque une érosion du pouvoir d’achat et diminue la vigueur de la consommation des ménages. D’autre part, parce que la hausse des prix devient plus généralisée. La banque populaire de Chine (PBC) a déjà beaucoup durcit sa politique monétaire. Les hausses de taux n’ont pas encore provoqué d’accalmie notable du côté des flux de crédit. D’autres hausses paraissent donc très probable à court terme, mais au risque de casser la croissance (pas de crédit pas d’investissement). Le pilotage macro-économique devient désormais de plus en plus difficile. Un risque important pour l’économie mondiale.

Équipe Gecodia.fr

Mardi 14 Juin 2011