Le climat des affaires en France s’enfonce, L’Insee table sur une récession modérée


La confiance des entreprises s’effrite encore en décembre 2011. L’Insee table désormais sur une récession modérée, étalée sur l’automne et l’hiver 2011-2012. L’ampleur de la récession reste très incertaine.



Le climat des affaires publié par l’Insee recule à nouveau en décembre, le moral des chefs d’entreprises perd 1 point par rapport à novembre, la huitième baisse consécutive. Avec 93,0 points, l’indice retrouve son plus bas niveau depuis l’hiver 2010. La chute sur les derniers mois est comparable dans sa vitesse à celle de fin 2008, au moment où l’économie française rentrait dans une récession sévère. L’indicateur de retournement de conjoncture reste en zone de « climat conjoncturel défavorable ».

Sur le mois de décembre, la construction a vu sa confiance se redresser légèrement tandis que les autres secteurs continuent de chuter, l’industrie et les services souffrent le plus. Cependant, la tendance est partout à la baisse.

L’indicateur est compatible avec une entrée en récession au quatrième trimestre de 2011. Les dernières prévisions de croissance de l’Insee viennent de s’aligner sur le scénario de récession. Pour l’instant, l’institut est assez « consensuel » et ne prévoit qu’une récession modérée (recul de 0,2 % puis de 0,1 % du PIB au T4 2011 et T1 2012). Les prévisions tablent sur une sortie de récession dès le printemps. Cette amélioration serait due à la fois à la résistante de la consommation, à une stabilisation du déficit commercial et à un retournement du cycle de stocks (qui n’amputerait plus la croissance).

Pour l’instant, l’incertitude reste très forte sur l’ampleur de la récession en cours. La majorité des prévisions (Insee, OCDE, Commission Européenne mais aussi banques privées) table sur une contraction modeste, en rien comparable avec l’effondrement de fin 2008 et début 2009 (cf. PIB de la France).

Au niveau des indicateurs avancés (carnets de commandes dans l’industrie et la construction, tendance sur la demande dans les services et la distribution), la dégradation s’accélère pour l’industrie tandis que les niveaux se stabilisent pour la construction et les services. Il y a donc peu d’espoir pour un rebond du moral, à court terme.

De son côté, l’indicateur avancé OCDE pour la France ne permet pas d’anticiper une amélioration avant le printemps (ce qui est le scénario de l’Insee).

Équipe Gecodia.fr

Vendredi 16 Décembre 2011