La croissance ralentit en Chine au T3 2011 mais reste robuste


Le taux de croissance du PIB en Chine descend à 9,1 % au troisième trimestre 2011. L’économie chinoise reste vigoureuse et la Chine dispose de marges de manœuvre pour affronter le ralentissement mondial.



La croissance du PIB en Chine au troisième trimestre 2011 diminue, à 9,1 % sur un an. Il s’agit du taux de croissance le plus faible enregistré depuis l’automne 2009. L’office statistique précise que la croissance du PIB en variation trimestrielle est de 2,3 %, après +2,4 % au T2 2011. Il n’y a b[pas de ralentissement brutal mais plus un « atterrissage en douceur » de l’économie chinoise.

Depuis le début de l’année, la croissance reste au-dessus de 2 % d’un trimestre sur l’autre. De plus, le taux reste au niveau de la moyenne de la décennie 2000 (+2,3 %).

Parmi les grandes économies mondiales, la Chine conserve le rythme de croissance le plus élevé. Le ralentissement économique mondial visible depuis le début de l’année reste modéré dans le pays.

En valeur, le PIB au T3 2011 (non désaisonnalisé) a été de 11 623 milliards de yuan, soit environ 1 820 milliards $ (1 350 milliards €).

Ce résultat conforte les autorités chinoises dans leur stratégie de pilotage macroéconomique. Le choc inflationniste lié aux matières premières a contaminé en Chine les prix sous-jacents (cf. graphique ci-contre) et les autorités craignent qu’une croissance trop forte provoque un dérapage incontrôlable de l’inflation.

Afin d’éviter une surchauffe, la banque centrale chinoise (PBC) a resserré agressivement sa politique monétaire depuis fin 2010, avec quatre hausses de taux directeur (+100 pb) et 9 hausses du taux de réserve obligatoire. Le flux de crédit bancaire s’est bien modéré (M2 : +13 % en septembre 2011 contre +17,2 % en janvier dernier).

La demande a suivi sans se casser. Les investissements en zone urbaine ralentissent graduellement (+29 % sur le T3 2011 contre +33 % au T1) et la consommation des ménages reste stable (vente au détail corrigée de l’inflation : +11 % au T3 contre +13 % au T1). De plus, le ralentissement économique mondial a eu pour conséquence de ralentir les exportations (+17 % sur un an en septembre, contre +36 % en mars).

Pourquoi est-ce important ?

La croissance reste robuste et ne montre pas de signe de rupture. Les investissements et les exportations, au cœur du modèle économique chinois, se modèrent de façon suffisamment progressive pour éviter un hard landing. La consommation est robuste.

Les autorités ont donc pour l’instant gagné leur pari. Le coup de frein monétaire en Chine a été bien dosé, limitant le risque inflationniste sans casser la croissance.

Alors que l’économie mondiale est menacée par le fort ralentissement dans les pays développés, avec un risque important de double dip au tournant de l’année dans la zone euro, la Chine est en bonne position. Elle dispose de marges de manœuvre budgétaire et monétaire pour stimuler son économie si besoin est.

Toutefois, à court terme, l’inflation restant élevée et la croissance au potentiel (croissance entre 8 % et 9 %), il ne devrait pas y avoir de mesure significative prise en ce sens.

Équipe Gecodia.fr

Mardi 18 Octobre 2011