Inflation zone euro août 2010 : le risque de déflation moins présent


En août 2010, l’inflation en zone euro a encore ralenti mais l’inflation sous-jacente est restée stable. Les prix des services sont plus résistants que prévu dans la zone euro.



L’inflation en zone euro en août 2010 est ressortie à +1,6 % sur un an, en ligne avec la publication flash. En juillet, l’inflation était de +1,7 %. En revanche, l’inflation sous-jacente (hors énergie et alimentation) a surpris, restant inchangée à +1 % sur un an. Le fait que la mesure de la tendance de fond sur l’inflation ne soit pas en train de baisser vient doucher les craintes de déflation en zone euro.

En effet, regarder l’évolution de l’inflation sous-jacente est plus important que de suivre l’inflation totale en ce moment. Premièrement, comme nous l’avons détaillés pour l’inflation en France en août 2010, la variation des l’énergies et de l’alimentaire va pousser l’inflation totale à la baisse. En fait, la variation de l’indice global va probablement fluctuer à partir de fin 2010 autour de celle de l’indice sous-jacent (sauf choc sur le pétrole).

Deuxièmement, l’inflation sous-jacente permet de mieux juger de la matérialisation du risque déflationniste. Pour ce faire, il faut regarder les prix des services et les prix des biens manufacturés. Dans le premier cas, comme le montre le graphique ci-contre, les hausses de prix ne fléchissent pas. Pour les composantes liées aux loisirs et aux transports, la résistance est notable. Il y a bien évidemment un impact lié à la hausse de la TVA dans un certain nombre de pays (surtout l’Espagne), mais il n’empêche qu’en Europe les prix des services sont bien plus fermes que l’on pouvait penser (via des modèles économétriques notamment). Pour les biens manufacturés, pas de mouvement de baisse non plus même si le niveau d’inflation est très bas pour cette catégorie.

En conclusion, la tendance au niveau de l’inflation totale sera encore à la baisse au cours des prochains mois, pour refluer vers 1 % d’ici à fin 2010. Pour l’instant, la résistance des prix des services ne permet pas de penser que l’inflation sous-jacente pourrait reculer vers 0 % en 2011, comme nous le pensions jusqu’ici.

Par conséquent, il nous semble que le risque de déflation est moins prégnant et qu’il convient d’être moins pessimiste de ce côté. Toutefois, au regard de l’évolution des salaires dans la zone euro il n’est pas encore possible d’écarter le risque de déflation.

Equipe Gecodia

Mercredi 15 Septembre 2010