Crise des finances publiques en Europe : bientôt l’Espagne ?


La crise des finances publiques des PIGS a déjà fait 2 victimes (Grèce et Irlande). Si pour le Portugal les carottes semblent cuites, l’Espagne est dans une situation très différente.



Si pour le Portugal, la situation budgétaire et le niveau des taux d’intérêt sur les obligations portugaises sont trop dégradés pour écarter une intervention FMI + UE dans les prochaines semaines, pour l’Espagne c’est plus douteux.

L’Espagne a fait un effort important en 2010 pour limiter son déficit public. Les mesures d’austérité déjà prises ont eu un réel impact, le déficit cumulé de l’État central espagnol tombant en octobre à 34,9 milliards € contre 57,6 milliards en 2009 (cf. graphique ci-dessus). En ajoutant les déficits des autres administrations (surtout régions), le déficit passerait sous 9 % du PIB, après 11,1 % en 2009.

L’Espagne respecte ses engagements budgétaires, ce qui n’est pas le cas de tous les gouvernements européens. Selon les dernières prévisions de l’OCDE, le déficit devrait revenir à 6,3 % du PIB en 2011 puis à 4 % en 2012. Dans ce contexte, le poids de la dette resterait sous 80 % du PIB à horizon 2012 (cf. article comparant les projections OCDE pour la dette publique de l’Allemagne, la France, l’Italie et l’Espagne). L’État espagnol est mieux positionné à moyen terme que celui de la France : déficit structurel moins important, crédibilité dans les engagements et poids de la dette publique plus faible.

De plus, selon notre grille d’analyse pour les finances publiques, l’Espagne dispose d’une base domestique d’acheteurs pour sa dette importante. Le risque de liquidité est donc moins prononcé.

Le gros problème de l’Espagne est la situation calamiteuse de son marché immobilier et l’impact possible sur le système bancaire. Mais les créances douteuses ont déjà explosé en 2009 (cf. graphique ci-contre) et le mouvement s’est déjà infléchit. Ce qui compte pour les défauts de paiement n’est pas tant le prix d’un logement (comme aux USA) mais le niveau de taux de chômage en Espagne. Or, ce dernier semble désormais stabilisé. Un mal pour un bien.

En conclusion, même si l’Espagne est « attaquée » par les marchés actuellement, avec une hausse de son spread face aux taux allemands, la situation semble gérable (= pas d’aide FMI + UE) avec un gouvernement crédible et des perspectives pas si mauvaises. Toutefois, si nous nous trompons, il paraît clair que la France et l’Italie tomberont dans la foulée.

Equipe GECODIA

Lundi 29 Novembre 2010