Climat des affaires en France en juin 2010 : moral des entreprises en recul


Le moral des entreprises a flanché en juin, premier recul depuis le printemps 2009. Un mouvement compatible avec un scénario de ralentissement de la croissance à partir de l’été 2010.



L’enquête de conjoncture auprès des entreprises françaises a marqué le pas en juin. Pour l’ensemble des secteurs, l’indice Insee de climat des affaires a reculé de 0,8 point, à 95,6 points. Ceci met fin à une progression continue de 15 mois.

Tous les secteurs ont tiré l’indice vers le bas. Le repli le plus sensible s’observe pour les commerces qui souffrent d’une dégradation du jugement sur les ventes (actuelles et futures). On note aussi que la morosité persiste dans la construction, seul secteur qui n’a pas connu de rebond significatif de son moral depuis la mi-2009. Enfin, pour tous les secteurs, le jugement global sur l’activité économique n’a pas retrouvé son niveau pré-crise. Ces écarts ne sont pas étonnant car les niveaux d’activité mesurés par le PIB en France ou par la production industrielle sont encore loin d’avoir comblé le trou creusé fin 2008 et début 2009.

Au niveau des intentions d’embauches, le recul est aussi généralisé. Les services et les commerces retournent en territoire de contraction pour l’emploi, notamment hors intérim. Ceci vient alimenter l’idée que la reprise sur le marché du travail sera faible et lente et que le bon chiffre du T1 2010 concernant les créations d’emploi salarié en France ne sont pas annonciateurs d’un retour au dynamisme d’avant-crise.


Le tassement du climat des affaires cadre bien avec notre scénario de croissance pour la zone euro pour la deuxième partie de 2010. En effet, pour que le ralentissement économique que nous attendons arrive, il faut que les enquêtes de conjoncture commencent à montrer des signaux de faiblesse. On s’en rapproche. Maintenant, l’absence de double dip implique que le recul ne soit pas trop marqué. A surveiller sur les prochains mois.

Comme les marchés financiers ne semblent pas avoir complètement encore intégrés le scénario de ralentissement au S2 2010 (cf. réaction d’hier aux US après les mauvais chiffres immobiliers) ces mouvements favorisent les marchés obligataires et incitent à la prudence concernant les marchés actions.

Equipe Gecodia

Mercredi 23 Juin 2010