Inflation France mars 2012 : La hausse de la TVA se diffuse à l’inflation sous-jacente


Le passage de 5,5 % à 7 % de la TVA à taux réduit au début de l'année se retrouve nettement dans les prix des biens et services. Les marges des entreprises sont trop faibles pour empêcher de répercuter les hausses de taxes.



Les prix à la consommation en France restent une tendance inchangée en mars 2012, avec une inflation qui atteint +2,3 % sur un an, soit un rythme identique à celui des mois de janvier et février.

L’inflation en France reste principalement alimenté par les hausses passées des cours des matières premières mais on note aussi un accélération plus fondamentale au niveau des prix des biens et services.

En effet, sur un an, les prix des produits énergétiques et de l’alimentation restent de loin les plus dynamiques (resp. +6,5 % et +3,7 % y compris tabac). Cependant, pour l’énergie le pic d’inflation est derrière nous. Ainsi, pour cette catégorie (9 % environ du panier moyen), les prix progressaient encore de près de 11 % sur un an fin 2011. Le décrochage actuel est lié à un effet de base, c’est-à-dire que l’écart entre le cours du pétrole entre début 2012 et début 2011 se réduit désormais nettement par rapport à ce que l’on observait précédemment. Ceci induit donc une diminution de l’inflation sur un an.

Cet effet, conjugué à un mouvement équivalent pour l’alimentaire, va perdurer sauf nouveau choc pétrolier. Ainsi, l’inflation totale va bénéficier de cette décrue de ses composantes les plus volatiles.

En revanche, depuis fin 2011, l’[inflation sous-jacente accélère en France]b. Les prix des biens et services hors énergie et alimentation progressent de 1,6 % en mars 2012, un plus haut depuis mi-2009.

Cette hausse des prix sous-jacents est provoquée par la hausse de la TVA réduire de 5,5 % à 7 %, qui concerne une part notable du panier moyen des ménages (transport, hôtellerie & restauration, entretien du logement, loisirs). Cet effet joue désormais à plein. Conformément à ce que nous attendions, l’impact sur les prix est donc sensible et l’inflation sous-jacente sera amener a passer au-dessus de 1,7 % à court terme. Cette mesure s’installerait alors à un niveau élevé comparé aux 20 dernières années.

A retenir :

Pour l’instant, la décrue de l’impact inflationniste des prix de l’énergie n’est pas visible car elle est compensée par la hausse de la TVA réduite.

Cette hausse de la TVA a un effet sensible sur l’inflation sous-jacente, poussant cette mesure sur un niveau élevé au regard des 20 dernières années.

Toutefois, en tablant sur une stabilité des cours des matières premières dans les prochains mois, l’inflation totale refluera tout de même mais ce sera très graduel, limitant donc les gains de pouvoir d’achat.

A noter qu’après les élections présidentielles et législatives, de nouvelles hausses du taux réduit ou normal de la TVA ne sont pas exclut en France. La dynamique actuelle sur l’inflation sous-jacente monte que les entreprises répercutent ces hausses de taxes, malgré un contexte économique peu favorable du côté de la demande.

Les marges du secteur privé sont trop dégradée en France pour servir de variable d’ajustement.

Équipe Gecodia.fr

Jeudi 12 Avril 2012