Déficit public France août 2010 : le dérapage continue


Le déficit de l’État en France continue de déraper en août 2010. L’amélioration du premier semestre est oubliée.



Le déficit budgétaire de l’État en France a atteint 122,1 milliards € en août 2010. (déficit cumulé depuis janvier). La dette publique négociable française a elle enregistré un nouveau record, en hausse à 1 218 milliards €.

Ceci correspond à la situation budgétaire de l’État central uniquement et n’inclut ni les organismes de sécurité sociale ni les collectivités locales. Sur janvier-août 2010, les recettes fiscales ont atteint 169,5 Md€ et les dépenses 270,2 Md€. Le compte spécial (dont transferts aux collectivités locales) enregistre un déficit de 21,5 Md€. Comparé à celui de 2009 à la même date, le niveau du déficit est désormais quasiment inchangé (cf. graphique).

Alors qu’en juillet le déficit avait été réduit de 16 milliards €, la réduction n’atteint plus que 5 milliards €. La réduction observée sur les premiers mois de 2010 n’est plus qu’un lointain souvenir. Ceci s’explique par un dérapage des dépenses publiques en France. Elles progressent de 13,5 % sur un an en août 2010, un rythme inédit depuis 2007. Dans ces conditions, même si les recettes fiscales se reprennent après une année 2009 calamiteuse (+19,8 % sur un an en août), ça ne peut pas compenser.

Le niveau actuel correspond à un déficit en % du PIB d’un peu plus de 6 % (sans sécu et collectivités locales), soit très proche de celui de 2009 à la même époque (6,7 %). On est donc sur une trajectoire qui devrait amener le déficit public total au-dessus de 7,5 % du PIB en 2010 en France. On est loin des 3 % qui est la cible pour 2014.

Ceci illustre bien la situation toujours très dégradée des finances publiques françaises. En comparant les déficits budgétaires des grands pays de la zone euro, la France présente actuellement la situation budgétaire la plus difficile, y compris si l’on regarde l’Espagne. Pour l’instant, les marchés financiers (70 % de la dette publique est détenu par des investisseurs étrangers) n’en tiennent pas compte (cf. taux des obligations OAT 10 ans). Mais rien n’assure que ça va rester comme ça pendant longtemps.

Equipe Gecodia

Lundi 11 Octobre 2010